Extrait de La lettre du Musicien n°325

Suite aux articles Le solfège en question de Guy Dangain (La lettre du musicien N°325) et de Pascal Dusapin (Le Monde de la musique novembre 2005 N°303), il me semble que, si l'étude de la musique peut être une discipline inépuisable, le solfège, qui n'en est qu'une composante, n'est pas une fin en soi (ce que Pascal Dusapin décrit comme "solfège absurde" ?).

Eloigné de sa destination, de sa finalité -la restitution d'une œuvre- l'étude du solfège est devenue en partie responsable de l'abandon de la pratique amateur. Au fil des années, de commissions en commissions, le cursus des écoles de musique s'est sophistiqué au point de rendre inconciliables les études classiques et les études musicales amateur : instrument, solfège, chorale, orchestre, analyse... Il n'est pas un musicien professionnel instrumentiste et professeur qui ne se plaigne de l'enseignement du solfège dans les conservatoires.

Dans les pays voisins, moins spécialisés en la matière, la pratique est plus assidue. Demeure également la question cruciale des méthodes d'enseignement.

Les notions de base nécessaires à l'apprentissage d'un instrument sont extrêmement réduites. Au delà de ces notions, succinctes mais fondamentales, libre à chacun de se spécialiser s'il en éprouve le besoin ou s'il choisit une voie professionnelle, mais que cela n'éloigne pas de la musique -comme cela se produit depuis longtemps déjà - un adolescent à l'emploi du temps surchargé, l'empêchant ainsi de travailler son instrument et de trouver une source d' équilibre et d'épanouissement dans cet art.

Robert FONTAINE

Case avec livres, qui servent aussi de menu La clarinette
Case avec des boîtes de conserve et un chat qui dort
Case avec des bouteilles et une balance